Un 14 pouces de 1,38 kg, vendu sans chargeur
La gamme Vivobook Go d’ASUS poursuit un objectif simple : livrer un portable complet sous la barre des 600€ sans donner l’impression d’un produit au rabais. Cette déclinaison E1404FA joue une carte précise, celle de la mobilité, avec un poids annoncé à 1,38 kg pour un châssis de 32,55 x 21,39 x 1,79 cm. Dans un sac à dos, la différence avec un 15 pouces d’entrée de gamme à 1,8 kg n’a rien de théorique : elle se ressent dès la deuxième heure de transport.
Le châssis est en polycarbonate, sobre, sans effet décoratif. L’assemblage est propre, avec la flexion de capot normale pour la catégorie. On reste loin de l’aluminium d’un ultrabook premium comme l’ASUS Zenbook 14 OLED, mais pour une machine destinée à voyager tous les jours, la robustesse est au rendez-vous.
Il faut cependant ouvrir cet avis par l’avertissement qui figure noir sur blanc dans le titre de la fiche Amazon : cette référence est vendue sans chargeur. C’est une variante commerciale assumée, destinée à baisser le prix affiché. Nous verrons plus loin que, sur ce modèle précis, la contrainte est bien moins pénalisante qu’il n’y paraît.
Ryzen 5 40 : le nom a changé, la puce non
C’est le point sur lequel il faut être parfaitement clair, car le marketing entretient ici une vraie ambiguïté.
La fiche produit annonce un AMD Ryzen 5 40. Ce nom court, à deux chiffres, appartient à la série Ryzen 10 lancée par AMD en octobre 2025, et suggère naturellement une puce toute récente. La réalité technique est tout autre : le Ryzen 5 40 est un Ryzen 5 7520U rebaptisé, sans la moindre modification du silicium. On parle donc d’une architecture Zen 2, nom de code Mendocino, dont les premières déclinaisons mobiles remontent à 2022.
Les caractéristiques réelles sont les suivantes : 4 coeurs et 8 threads, de 2,80 GHz à 4,30 GHz en pointe, 2 Mo de cache L2 et seulement 4 Mo de cache L3, une enveloppe de 15 W, une gravure en 6 nm chez TSMC, et une partie graphique Radeon 610M limitée à 2 unités de calcul.
En usage courant, l’expérience reste fluide là où on l’attend. Navigation avec une vingtaine d’onglets, suite Office, PDF volumineux, visioconférence Teams ou Zoom, streaming, gestion de fichiers : rien ne coince, et le ventilateur reste discret tant que la charge ne dure pas. Pour un usage scolaire ou bureautique, la machine fait le travail sans réserve.
Les limites arrivent dès qu’on sort de ce périmètre, et elles sont nettes. Compilation d’un projet volumineux, export vidéo, rendu 3D, traitement de gros jeux de données : le déficit de coeurs et le cache L3 réduit se paient immédiatement, avec des temps d’attente sensiblement plus longs qu’avec un Ryzen 5 150 six coeurs ou un Core i5 récent, souvent disponibles autour de 700€. Quant au jeu, la Radeon 610M assure le décodage vidéo matériel et l’affichage externe, mais le titre moderne est hors sujet — seuls quelques jeux compétitifs légers en 1080p et réglages minimaux passent. Notre comparatif des processeurs Intel, AMD et Apple replace cette puce dans la hiérarchie actuelle.
16 Go de LPDDR5 : l’argument qui sauve la fiche
Sur un processeur modeste, c’est la mémoire qui fait la différence entre une machine utilisable trois ans et une machine pénible au bout de six mois. Avec 8 Go, Windows 11 et un navigateur moderne saturent en quelques heures et le système passe son temps à permuter sur le SSD. Les 16 Go de LPDDR5 montés ici font disparaître complètement ce scénario, et c’est la principale raison d’acheter cette référence plutôt qu’une déclinaison moins chère de la même famille.
Attention toutefois, et le point est capital : cette mémoire est soudée à la carte mère, sans connecteur libre, et la plateforme Mendocino plafonne de toute façon à 16 Go. Aucune évolution ne sera jamais possible. Notre guide sur la quantité de RAM à choisir explique pourquoi 16 Go constitue aujourd’hui le vrai seuil de confort, et pourquoi il ne faut jamais transiger dessus sur une machine à mémoire soudée.
Le stockage est assuré par un SSD M.2 NVMe de 512 Go, sur bus PCIe 3.0 et non 4.0. En pratique, les démarrages et les lancements d’applications restent immédiats : ce bus plus ancien ne se remarque que sur des transferts de fichiers très volumineux. Bonne nouvelle, ce SSD reste lui accessible et remplaçable, comme détaillé dans notre guide d’ajout de RAM et de SSD.
Écran, clavier et webcam
La dalle est un panneau IPS de 14 pouces en 1920 x 1080, mat, en 60 Hz, avec un ratio écran/surface de 83 % et une luminosité annoncée à 250 nits.
Le traitement antireflet est ici l’atout principal : sur une machine pensée pour bouger, il change concrètement la vie dès qu’on travaille près d’une fenêtre, dans un train ou en terrasse ombragée. La technologie IPS assure par ailleurs des angles de vision larges, sans dérive des couleurs quand on regarde à deux.
Les limites sont celles de la catégorie. Les 250 nits suffisent en intérieur mais interdisent le plein soleil. La couverture colorimétrique est modeste : les couleurs sont justes, sans saturation marquée, et toute retouche photo exigeant une fidélité chromatique réelle est hors de portée. Le 60 Hz, enfin, reste la norme absolue à ce tarif.
Le clavier est un chiclet à 1,4 mm de course, en AZERTY, agréable et suffisamment ferme pour de la prise de notes prolongée. Le format 14 pouces implique en revanche l’absence de pavé numérique physique. La webcam est une 720p HD classique — correcte en visioconférence bien éclairée, sans plus — mais elle est dotée d’un cache physique coulissant, bien plus rassurant qu’un réglage logiciel et plus élégant qu’un morceau d’adhésif.
Connectique et recharge : la vraie bonne surprise
C’est ici que ce modèle se distingue nettement de son grand frère 15 pouces.
La connectique se compose d’un USB 3.2 Gen 1 Type-C, d’un USB 3.2 Gen 1 Type-A, d’un USB 2.0 Type-A, d’une sortie HDMI 1.4 et d’une prise jack 3,5 mm. Le sans-fil repose sur du Wi-Fi 6E et du Bluetooth 5.3 sur la fiche ASUS, certaines variantes régionales se limitant toutefois au Wi-Fi 5 : un point à vérifier sur la fiche exacte au moment de commander. L’HDMI 1.4 est la vraie faiblesse du lot, puisqu’il plafonne un écran externe 4K à 30 Hz — préférez la sortie DisplayPort de l’USB-C pour un moniteur haute définition, comme expliqué dans notre guide de la connectique.
Surtout, ce port USB-C gère l’alimentation. ASUS référence officiellement pour cette machine un bloc Type-C de 45 W (20 V / 2,25 A), en alternative au bloc rond de 45 W (19 V / 2,37 A). Autrement dit, l’absence de chargeur dans la boîte se règle avec n’importe quel adaptateur USB-C Power Delivery de 45 W ou plus, un dock, ou même une batterie externe compatible PD — du matériel que beaucoup possèdent déjà, et que l’on trouve neuf autour de 20 à 30€. C’est bien plus souple que sur l’ASUS Vivobook Go 15, prisonnier d’une prise ronde propriétaire qui impose l’achat d’un adaptateur ASUS spécifique.
Autonomie
La batterie est une 42 Wh à 3 cellules, une capacité modeste sur le papier mais bien alignée avec la sobriété de la plateforme. L’enveloppe de 15 W du Ryzen 5 40, la dalle Full HD 60 Hz peu lumineuse et l’absence de GPU dédié forment un ensemble économe.
En bureautique raisonnable — traitement de texte, navigation, luminosité à mi-course, Wi-Fi actif — on vise une journée de cours ou de travail léger, sans plus de garantie qu’une estimation de catégorie. En visioconférence continue ou en lecture vidéo, comptez nettement moins. La possibilité de recharger sur une batterie externe USB-C constitue ici un filet de sécurité appréciable pour les longues journées loin d’une prise. Notre guide sur l’autonomie donne les réglages qui font gagner le plus d’heures.
Pour qui, et à quel prix
À 599,99€, cette machine s’adresse à un profil précis : l’étudiant ou le professionnel nomade dont l’usage tient dans la bureautique, le web, la visioconférence et le traitement de texte, et pour qui le poids du sac compte plus que la puissance brute. Sur ce terrain, le trio 1,38 kg / 16 Go / recharge USB-C est cohérent et difficile à prendre en défaut sous 600€, comme le montre notre comparatif des portables étudiants à moins de 600€.
Elle est en revanche à écarter sans hésiter si vous compilez du code, montez de la vidéo, jouez, ou si vous espérez faire évoluer la mémoire plus tard. Dans ces cas, il faut monter en gamme, comme le détaille notre guide d’achat pour étudiants.
Une réserve d’honnêteté pour finir : la fiche Amazon affiche 4,7 sur 5, mais sur 4 évaluations seulement. C’est une référence récente, et ce score ne constitue à ce stade aucun recul client exploitable. Nous retenons une note de 4,3 qui reflète les qualités réelles de la machine et ses limites assumées, pas un plébiscite statistique qui n’existe pas encore.